Les 5 réflexes à avoir pendant un Road Trip (pour éviter d’être le pire Vanlifer du monde !)

Commencer à faire des road trip en mode van, c’est découvrir une nouvelle façon de voyager, intégrer des nouveaux termes souvent desanglicismes, lire pleins de blogs délivrant de précieux conseils (suivez mon regard) et c’est également faire partie d’une communauté. Dans cette communauté de vanlifer ou adeptes du voyage en van, certaines règles sont à connaitre. Nous allons les lister ensemble et tu vas voir que la plupart vont te sembler évidentes et de bon sens. C’est bien ! Mais entre connaitre des principes et les appliquer, il y a parfois un fossé, un gouffre, un ravin !

RÈGLE NUMÉRO 1 : DE TON PASSAGE, TU NE LAISSERAS AUCUNE TRACE


Tous ceux qui ont eu la chance de vivre des vacances en van te raconteront la fois où persuadés d’être le premier à avoir trouvé ce spot, idéal, isolé en pleine nature, tel Christophe Colomb découvrant un nouveau continent, ils posent fièrement le pied hors de leur van, premier humain à fouler le sol de cette clairière loin de la route et là c’est le drame ! 


A défaut d’un jardin d’Eden immaculé, le pionnier explorateur tombe, derrière un arbre sur une armée de papier toilette éparpillée et menaçante ! Quelle horreur ! Le mythe tombe.

Quelqu’un est déjà venu et manifestement, l’indésirable visiteur avait non seulement de sérieux problèmes de digestion et en plus un manque total de conscience de son environnement !

J’ai personnellement vécu cette terrible désillusion plusieurs fois en Auvergne à l’été 2020, un été particulier où beaucoup de nouveaux touristes s’étaient mis au van à défaut de pouvoir partir à l’étranger pour cause de pandémie, et bien je peux te dire que je ne suis pas violent, mais ça me mettait à chaque fois dans une rage folle. Je ne comprends pas comment on peut laisser de magnifiques lieux sauvages dans de tels états !
Ce n’est pourtant pas compliqué, il y a plusieurs façons de faire. 

Certains voyagent avec une petite pelle, enterrent leur production et jettent le papier toilette dans un sac poubelle. Il en existe des petits de voyage exprès pour cet usage. 

D’autres brûlent le papier toilette (grande vigilance l’été en cas de sécheresse ! ).

D’autres disposent d’un wc chimique qu’ils vidangent sur les aires de services ( je vais justement en tester un cet été. Le vendeur auprès de qui j’ai acheté mon van, me l’a offert avec, donc je n’ai pas refusé. C’est original comme cadeau, mais c’est un cadeau tout de même…).

L’été dernier, j’avais aménagé un petit siège de camping en découpant la partie centrale afin que la moitié féminine de mon équipage puisse s’asseoir en toute circonstance. Un sac poubelle se fixait dessous et le tour était joué. 

RÈGLE NUMÉRO 2 : LES PANNEAUX D’INTERDICTION, TU APPRENDRAS À LIRE.

Extrait d’une discussion à table avec de nouveaux voyageurs en van.
« Ouais tu comprends, moi en van, je suis enfin libre, tu vois quoi ? Plus de règles, plus d’interdit et tout et tout. J’en ai marre de cette société d’oppression qui nous oblige à suivre un seul modèle….. ».

Bon OK, je suis moi aussi épris de liberté et de libre arbitre, j’aime tracer ma propre route, sinon je ne travaillerais pas à mon compte et ne voyagerais pas en van dès que possible. Cependant, j’ai conscience de faire partie d’une société composée de droits et d’interdictions. 

Lorsque tu es à la recherche du spot ultime, et oui, tu ne cherches pas le spot Bof ou le spot banal, non celui où toute ta petite famille fera des bruits du genre « Wahou » ou bien « Ohlala c’est trop beau! », tu te heurtes parfois à une réalité faite d’acier et égayé par une couleur, généralement rouge, qu’on appelle communément Panneau d’Interdiction de Stationner !

RÈGLE NUMÉRO 3 : UN BON VOISIN TU SERAS

Tu as trouvé ton spot, LE spot ! Tu déballes tes affaires, toute la petite famille s’active, tu repères le meilleur point de vue pour prendre l’apéro (je n’incite pas à la consommation d’alcool, mais je sais que tu apprécies ce moment comme moi), tu voyages en van pour ce moment-là, celui où tu découvres ton nouveau spot. C’est alors que ton sourire béat sur ton visage se fige.

Tu viens d’entendre un bruit de moteur. Pas celui d’une voiture qui passe au loin sur la route, non un bruit familier. Tu tends l’oreille. Et oui, on dirait un moteur de van.

Aggrrrr ! Quelqu’un à trouvé le quai 9 3/4 (référence Harry Potter), la route secrète quoi ! Toi qui te pensais à l’abri, seul, tu es désemparé. Certes, ce spot était référencé sur Park4Night, c’est d’ailleurs comme ça que tu l’as trouvé, certes toute la journée tu as croisé des dizaines de vans dans le coin qui forcément cherchent un coin où s’installer pour la nuit, et pourtant tu étais convaincu que c’était ton spot. 

Au coin du chemin emprunté un peu plus tôt, tu aperçois le bout d’un capot qui émerge et le voici qui arrive : l’autre ! 

Tu as oublié tous les grands auteurs français vu à l’école et pourtant la citation de Sartre te revient : « L’enfer c’est les autres».

Et pourtant, il y a de fortes chances que le van qui s’approche transporte des personnes recherchant la même expérience que toi, ayant le même respect de la nature que toi et souhaitant seulement profiter d’une soirée en pleine nature.

Il est temps alors de te transformer en voisin idéal.
Tu es arrivé le premier sur le spot et bien, sois un hôte, comme si tu recevais des invités. Tu verras qu’une fois installé, chacun dans son coin ( je ne parle pas non plus de devenir colocataires), un échange spontané et sincère pourra éventuellement se mettre en place.

Sans forcément partager le repas, il est toujours intéressant de discuter avec d’autres voyageurs en van. Au delà des blogs, des sites internet, des livres, c’est souvent la meilleure source de tuyaux pour améliorer son expérience en van. Aménagements, accessoires, applications, sites touristiques, ballades….les sujets ne manquent pas et tu verras (mais tu en es déjà convaincu, j’en suis sûr) que c’est enrichissant de partager son expérience et de recueillir les histoires des autres. 

L’été 2020, dans le Sud Ouest, près du lac de Léon, je découvre un petit chemin en pleine forêt qui mène à un emplacement juste en bord de lac. Magique !!! 


On s’installe, les enfants jouent, on mange avec une vue sur l’eau étincelante du lac.

Vers 20H, un autre van arrive et se gare à une dizaine de mètres. Les deux gars très sympas se présentent et me montrent l’aménagement de leur van. On discute de l’isolation de leur plancher (une sorte de moquette) qu’ils viennent d’installer, on échange des petites astuces (on se recroisera par hasard quelques jours plus tard à Hossegor).

Vers 22H, un autre van, des espagnols cette fois, arrive et se gare sur notre gauche. Pas très causant ceux-ci, aucun problème, chacun vit sa petite soirée tranquillement de son côté et c’est très bien comme ça.

Le lendemain matin, on se réveille et on découvre deux autres vans qui s’étaient installés pendant la nuit. Bon là clairement c’est n’importe quoi, il y en a partout, on ne peut plus partir et le petit spot isolé s’est transformé en aire de service. Peu importe, ma rencontre avec les occupants du premier van reste un excellent souvenir de ce road-trip et apporte cet inattendu que nous recherchons tous je crois.

RÈGLE NUMÉRO 4 : EN ATTILA LE HUN, TU NE TE TRANSFORMERAS PAS !

Evoquons ensemble la fascinante question du feu de camp

Et oui, c’est un symbole, sinon LE symbole du bivouac en pleine nature. L’expérience charnelle et génétique de ce retour à nos origines lorsque nous, hommes des cavernes, avons vaincu les ténèbres en apprivoisant le démon dansant orange, le bien nommé FEU. Des siècles de fascination pour cet élément ambivalent, à la fois source de vie (chaleur, nourriture) et de destruction, coulent en nos veines. Ce patrimoine pluri-séculaire ressurgit lorsque tu te retrouves en pleine nature, coupé du monde, prêt à vivre cette expérience proche de la nature. Une envie irrépressible t’appelles, t’envoutes, il faut que tu allumes un feu, maintenant. Tu n’es plus toi-même, tu es en transe. Tu ne fais plus qu’un avec cette nature nourricière, tu es élément parmi les éléments. Bon ok, le charme se brise lorsque tu sors un briquet et du papier journal, mais il faut dire que ça n’a pas marché quand tu as essayé de frotter des cailloux. 


Personnellement, j’adore ce moment où le petit bois que j’ai délicatement positionné s’embrase, que les flammes doucement grandissent et que le bruit du crépitement du bois s’impose à moi. Les ombres dansent autour de moi et une atmosphère chaleureuse et mystérieuse s’installe autour de ce feu de camp improvisé. En famille, une complicité se créé, une chanson se fredonne, un souvenir se raconte, un projet se dévoile, les enfants baillent, les adultes se perdent dans leurs pensées. 

Pour vivre cette expérience que je te recommande, il faut être serein et avoir bien pris en compte plusieurs éléments.

Tout d’abord, tu dois être certain que tu as le droit d’allumer ce feu

L’article L131-1 du code forestier interdit d’allumer un feu de camp sur un terrain dont on n’est propriétaire ou que l’on occupe sans l’accord du propriétaire dès lors que l’on se trouve à moins de 200 mètres d’une forêt ou d’un bois. 

Il existe également des dispositions locales signalées par des panneaux ou que tu auras pris soin de vérifier au préalable auprès des mairies ou des offices de tourisme par exemple. 


Si tu as le droit d’allumer ton feu, il te faut prendre un certain nombres de précautions. 

Evite de l’exposer au vent

Nettoie la zone autour du foyer des petits branchages ou feuilles qui pourraient s’enflammer.

Creuse un trou dans le sol et entoure-le de pierres.

Privilégie un feu de petite taille (inutile d’aller tailler un arbre de 8 mètres de haut, des petites branches suffiront amplement).

Prévoit systématiquement une petite réserve d’eau à côté au cas où.

Surveille en permanence ton feu et éteints-le avant de dormir.

N’utilise pas de combustible liquide pour l’allumer. Un peu de papier toilette, quelques brindilles sèches et c’est parti.

Le lendemain, au moment de quitter ton emplacement, ou même le soir avant d’aller te coucher, fais en sorte d’effacer au maximum les traces de ton feu. Rebouche le trou et disperse les cendres noires. 

RÈGLE NUMÉRO 5 : « LA DISCRÉTION EST MA DEVISE. JE NE DIS JAMAIS RIEN. MÊME SUR MA CARTE DE VISITE, IL N’Y A RIEN D’ÉCRIT. »
GROUCHO MARX

En van, cette citation peut t’inspirer au moment de passer la nuit sur ton spot. Tu viens de passer une excellente soirée sur un emplacement assez inattendu mais pas non plus complètement isolé du monde. Tu entends la civilisation à proximité, tu as repéré des habitations à quelques centaines de mètres, il ne serait pas étonnant que demain matin, des promeneurs se baladent près de ton spot. Tu es respectueux du coin, tu as remballé tes déchets, tu as éteint ton feu de camp, tu penses avoir tout bon ? Encore un petit effort et ce sera parfait. Après avoir pris soin d’épargner Dame Nature, il est temps de préserver tes colocataires de la planète Terre, en clair les autres humains aux alentours, en ne laissant aucun objet dehors pendant la nuit.

Au delà de l’aspect sécuritaire, dont je parle ICI (lien), imagine toi que les éventuels promeneurs, voisins, joggeurs, garde champêtre (ne rigole pas, ça existe encore), policiers municipaux/gendarmes en patrouille, n’ont pas envie de découvrir une table, des fauteuils, des bidons, des caisses, ….. en pleine nature, même si tu avais prévu de tout remballer le lendemain matin.

Généralement, tous ceux cités plus haut sont du genre matinal, il y a donc de fortes chances qu’ils passent avant même que tu ai commencé à ouvrir le premier oeil ! 

Tu verras que tu ne seras jamais embêté si ton joli van est tout simplement garé là, sans bazar autour, sans trace de ton passage


Je peux témoigner que un matin, après avoir dormi près d’un petit lac artificiel à proximité du village de Saint Sever dans les Landes, et en ayant appliqué tous les conseils énumérés plus haut, je reçois vers 8h la visite du responsable du lac. Il s’agit du responsable d’une association qui gère la pêche et les abords du lac. Il vient se présenter, nous partageons un café et il me demande d’où nous venons, ce que nous faisons.

Je crains un peu d’avoir raté un panneau d’interdiction et que les gendarmes ne débarquent. Mais en fait, je découvre que ce monsieur se promène tous les matins par ici et qu’effectivement lorsqu’il tombe sur des vans ou fourgons ne respectant pas les lieux, il appelle systématiquement les forces de l’ordre pour verbaliser. Par contre, lorsqu’il croise des personnes respectueuses des lieux, il est ravi et c’est ainsi qu’il m’explique l’histoire de ce lac et de sa création, les zones de pêche, le rôle de son association, etc. Nous passons près d’1h à discuter et ensuite il repart tranquillement. 

La discrétion reste la meilleure publicité pour la vanlife !

Pour conclure, tu l’as bien compris, tu avais même sans doute déjà tout cela en tête, il s’agit d’un ensemble de conventions qui font de nous une communauté. On adore voyager en van, mais il ne s’agit pas seulement de voyages, on parle ici presque d’une philosophie, d’une mentalité, si tu préfères. Tous ces réflexes sont notre façon de perpétuer notre rêve de liberté et de continuer à être accueilli partout (ou presque). 

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